Durant la grossesse, la consommation d’alcool n’est pas recommandée. Ne sachant pas précisément quelle quantité d’alcool peut nuire au développement du fœtus, il vaut mieux s’en passer complètement.

Il faut dire que ce ne serait pas très éthique de faire boire une femme enceinte pour évaluer les dommages que peut causer l’alcool à son bébé. Qui voudrait faire partie de ce genre d’étude qui évaluerait les risques d’un aliment, d’un médicament ou d’un autre produit. Je ne suis pas certaine qu’il y aurait foule aux portes…

C’est un défi de taille pour les chercheurs qui étudient l’impact de certaines substances sur les femmes enceintes. On ne peut quand même pas mettre des mamans et des fœtus à risque pour émettre les recommandations. C’est pour cela que les experts demeurent très conservateurs et proposent parfois d’éviter complètement certains aliments ou produits.

Mais bon, après ces neuf mois d’abstinence et surtout en cette période des Fêtes, la question est sur toutes les lèvres : puis-je consommer de l’alcool si j’allaite mon enfant?

J’ai une excellente nouvelle pour vous!

Les experts[1] s’entendent pour dire que l’alcool fait partie des substances compatibles avec l’allaitement. Les risques pour l’enfant allaité augmentent au-delà de 2 consommations par jour.

Mais qu’est-ce qu’une consommation me demanderez-vous…

Une consommation représente :

– 12 onces/360 ml de bière (5% d’alcool)

– 5 onces/150 ml de vin (11% d’alcool)

– 1.5 onces/45 ml de fort (40% d’alcool)

Ce qu’il faut savoir sur l’alcool et l’allaitement

  1. L’alcool passe dans le lait maternel environ au même rythme que dans le sang.

Alors, disons que vous êtes à jeun, le taux d’alcool dans le lait atteint son maximum en 30 à 60 minutes si vous le consommez rapidement et en 60 à 90 minutes si vous le sirotez tranquillement.

  1. L’alcool ne s’emmagasine pas dans le lait maternel. Il est éliminé au même rythme que dans le sang.

En d’autres termes, si vous buvez deux consommations et tirez votre lait une heure plus tard, vous ne faites pas disparaître l’alcool plus rapidement.

  1. L’alcool consommé par maman est transféré dans son lait puis dilué par les liquides présents dans le corps du corps du bébé après qu’il ait été allaité.

Ceci dit, une très faible quantité d’alcool est transférée dans le corps de bébé. On s’entend pour dire que l’alcool dans le lait affectera davantage un nouveau-né au foie encore immature qu’un enfant de 18 mois. Un autre élément à prendre en considération dans votre réflexion.

Ainsi, de manière générale, le niveau d’alcool dans le sang de bébé allaité demeure très bas, sauf dans les cas de consommation excessive.

Les conséquences d’une consommation excessive

Consommé en grande quantité, l’alcool peut entrainer différents effets secondaires dont :

– Affecter le réflexe d’éjection du lait (de telle sorte que le lait coule moins bien du sein)

– Nuire au transfert du lait de maman vers bébé

– Nuire au développement moteur

– Ralentir la prise de poids

Comment mettre tout cela en pratique maintenant

La première chose à se demander est la quantité d’alcool que vous souhaitez consommer. Vous en tiendrez-vous à 1 ou 2 consommations ou souhaitez-vous profiter d’une soirée bien arrosée?

Dans le premier cas, voici mes conseils :

  1. Tenter d’allaiter juste après ou même pendant que vous consommez de l’alcool (je sais que ça fait un peu bizarre d’allaiter verre de vin à la main, mais il est certain que s’il s’agit de votre première consommation de la journée, le lait que vous donnez à bébé ne contient pas d’alcool)
  2. Garder en tête le temps moyen d’élimination en fonction de votre poids. Vous pouvez vous référer au tableau du programme Mother Risk du Hospital for Sick Children de Toronto. L’info est ICI!

Si vous prévoyez une soirée bien arrosée, il pourrait être plus prudent de prévoir le coup puisque cela prend plus de temps au corps pour l’éliminer. Pour ce faire, vous pouvez vous prévoir une petite réserve de lait maternel.

Dans un prochain article, je donnerai quelques conseils sur les réserves de lait maternel, une autre question qui revient fréquemment.

Sur ce, je vous souhaite un superbe temps des Fêtes.

Ne vous empêchez pas de prendre quelques consommations si vous allaitez, vous avez maintenant tout en main pour prendre une décision éclairée!

À bientôt,

Valérie Samson, inf. M.Sc.

Bedon et marmaille

[1] Académie américaine de pédiatrie, Santé Canada et Société canadienne de pédiatrie

Crédit photo de couverture : The Bump