Je vous ai écrit beaucoup sur ma deuxième grossesse jusqu’à maintenant, plus précisément trois fois, dans la Part 1, Part 2, et Part 3 sur mes péripéties disons «physiques». Le début a été rocambolesque, mais ça s’est placé rapidement. Je vous ai ensuite écrit un article sur comment je me sentais réellement face à cette deuxième grossesse ICI. Ce sentiment s’est un peu effacé je dirais, je suis de plus en plus en paix avec l’arrivée de Laurier et j’ai surtout vraiment hâte de le rencontrer et que Roby fasse connaissance avec son petit frère et que nous soyons enfin 4. Mais je pense que mes inquiétudes sont un peu toujours là derrière et ça m’amène à ce texte… Je ne pensais pas nécessairement vous réécrire à ce sujet, mais ma publication REAL TALK d’hier sur Instagram a semblé en interpeller plusieurs. Je la mets donc ici en texte en y ajoutant de petits passages.

Ç’a été très difficile d’écrire ces mots. J’ai hésité longtemps avant de publier. Parce que c’est difficile à accepter sans culpabiliser et surtout c’est difficile à avouer quand on pense à toutes les femmes pour qui c’est impossible d’avoir des enfants. Je disais dans ma publication que quoique que je comprends cette réalité horrible qu’est l’infertilité, vécue très près de moi et que malgré que je sois chanceuse, extrêmement chanceuse de vivre la grossesse, j’ai ce sentiment qui m’habite et que j’ai envie de vous partager, puisqu’il rejoindra peut-être d’autres mamans qui n’osent pas en parler…

Cette grossesse-ci, je n’ai pas envie d’être enceinte. Ça n’a rien à voir avec mon Laurier d’amour, j’ai hâte de le voir, de le rencontrer. Je l’aime déjà énormément. Mais je n’ai pas vraiment de plaisir à être enceinte. C’est comme secondaire dans ma vie. J’ai l’impression de ne pas vraiment être enceinte tellement j’y porte peu attention. Ouf… déjà que c’est extrêmement difficile à ressentir, c’est vraiment horrible de l’écrire. À Roby, à peine quelques semaines enceinte, je flattais ma bedaine, je mettais mes jeans de maternité (je n’avais même pas de bedaine pratiquement), je lui parlais, je montrais fièrement mon ventre et je prenais toutes les occasions possibles de parler de la grossesse. Pour Laurier, quoique la grossesse soit encore plus facile qu’à celle de Roby (je n’ai pas de maux, aucun symptôme, je suis en forme, je mange mieux, je prends moins de poids), on dirait que j’ai du mal à l’apprécier. Je n’ai pas encore vraiment flatté ma bedaine, j’ai repoussé les jeans de maternité à la 24e semaine presque et je parle assez rarement de la grossesse. Peut-être parce qu’il n’y a plus grand-chose à dire ? C’est du déjà-vu? Je suis passée par là y’a seulement 1 an et demi donc… La magie de la première fois n’y est plus. Même mon médecin m’a dit à la blague : t’es plate tellement ta grossesse est normale! Lol

Bref… Je ne sais pas si c’est parce que je veux profiter vraiment au maximum de mes derniers moments seuls avec Roby, si c’est parce que l’autre grossesse n’est pas si loin derrière et que j’avais à peine pu profiter de mes jeans préférés entre les deux (ben oui c’est niaiseux, mais pareil), si c’est parce que je n’ai jamais pu reprendre possession de mon corps (je parle pas ici de forme physique, mais du fait que j’ai allaité Roby jusqu’à son premier anniversaire et que j’ai appris que j’étais enceinte deux jours après). Est-ce que j’ai la tête trop occupée par les projets, la famille, la vie en général ? Peut-être que ça a aussi rapport avec ma petite crise d’il y a quelques semaines, le fait de réaliser que Roby ne sera plus mon bébé. Je pense qu’au fond j’ai vraiment accepté l’arrivée de Laurier et que je me sens quand même prête, mais je le suis parce que je profite plus en ce moment de mes moments seuls avec Roby. Je sais qu’il n’y en aura plus beaucoup dans les prochains mois. Ce ne sera que temporaire et je pourrai profiter encore de moment seul avec lui, mais il ne sera plus le seul petit bonhomme à qui nous donnerons toute notre attention. Mais on lui offre la fraternité, le plus beau des cadeaux, que j’ai moi-même adorée en ayant deux frères.

Malgré tous ces questionnements, je suis persuadée que l’arrivée de Laurier ne fera que rassembler notre petite famille et nous unir tous encore plus avec cette grosse dose d’amour ! D’ici là, j’essaierai quand même de profiter le plus possible de chaque instant avec Laurier dans mon ventre, de sourire lorsqu’il me donne des coups plutôt que de simplement le remarquer, de lui chanter des chansons comme son grand frère a eu droit et de renouer avec la grossesse avant qu’il ne soit trop tard. 🧡

Avez-vous eu ce sentiment lors de votre/vos grossesse(s)?

 

Photo de couverture par la merveilleuse Laurie-Anne Thuot