Au moment où j’écris ces lignes, ma presque 19 mois hurle dans son lit depuis un bon 20 minutes. Elle ne veut pas dormir, ou devrais-je plutôt dire, elle ne veut pas dormir encore ce soir. Vous allez sans doute vous dire que ça arrive à tous les parents, des nuits plus rock and roll. Cependant, pour nous, c’est une réalité quotidienne. Je ne veux pas entrer dans les détails ni trop m’attarder sur le chemin que nous avons traversé avec Céleste et les dodos, mais force est d’admettre que cette réalité (je préfère la qualifier de « réalité » plutôt que de « problématique ») a soufflé fort sur les cartes de notre plan de vie familiale.

Mon chum et moi, on s’est toujours dit qu’on voulait deux enfants. Je sais pertinemment qu’on aurait le cœur assez grand pour en avoir une douzaine, mais le cœur c’est une chose et après il y a tout le reste. L’énergie, la patience, la disponibilité. Parce qu’on va se le dire, accueillir un bébé dans notre vie, c’est à la fois le plus beau cadeau que la vie puisse nous offrir, mais c’est aussi souvent un véritable tour de montagnes russes (pis ta ceinture, t’es mieux de l’attacher serrée parce que ça ride en svp ce manège-là).

Je viens de fêter mon 33e anniversaire, je sais que je ne suis pas vieille. Je sais que j’ai encore en masse de temps devant moi pour en avoir un deuxième bébé d’amour. Sauf que le temps passe vite et l’idée de ne jamais avoir la chance de revivre ça me traverse l’esprit trop souvent c’est temps-ci. La grossesse, la première échographie, l’accouchement, les séances d’allaitement collées, le premier sourire, les premiers pas. Tabarouette que c’est magique. Ça nous donne des ailes. Ça nous rend fiers. Ça nous motive à être la meilleure version de nous-mêmes. Ça nous apprend à être plus généreux, plus présents, plus reconnaissants.

Au fond de moi, je sais que ce moment se « repointera » le bout du nez un jour. Quand ce sera le bon moment pour nous. Quand on aura l’esprit un peu plus libre, quand on se sentira un peu plus stables et confiants dans notre rôle de parents. Maintenant que ma fille est dans notre vie, je sais à quel point cet amour pour son enfant est puissant, voire inexplicable. Ce petit deuxième dont je vous parle, il ne sait vraiment pas ce qu’il l’attend. Ayoye, non, mais il va capoter quand il va réaliser la dose d’amour que ses parents ont pour lui. Je ne me sens pas prête, pas tout de suite, mais maudit que j’ai hâte.

 

Crédit photo de couverture : Priscilla Du Preez