Je reviens tout juste d’une petite escapade (24 heures) seule. Eh oui, j’ai délaissé mon clan un peu, le temps de mieux le retrouver. Lorsque je l’ai annoncé sur Instagram que je m’apprêtais à partir seule, sans technologie, j’ai reçu plein de beaux messages et je me suis dit qu’écrire sur mon expérience pourrait être intéressant pour quelques-unes. En espérant vous motiver à plonger dans ce type d’expérience, qui peut faire peur, j’en conviens.

D’abord, je tiens à préciser que j’avais un contexte idéal à la détente. J’ai séjourné au Monastère des Augustines à Québec, endroit qui prône la santé, le bien-être. J’y ai reçu un massage, fait trois séances de yoga et/ou méditation et mangé végane. Ceux qui me connaissent savent à quel point c’est vraiment mon genre. Étant consciente qu’un tel séjour n’est pas abordable ni possible pour tous, je commencerais par préciser qu’un tel luxe n’est pas nécessaire. Le succès de mon escapade réside dans la solitude et dans l’absence de technologie. Pas si difficile à trouver quand on y pense.

Les études le démontrent, la solitude est source impressionnante d’énergie. À ce moment de l’année, je n’avais pas besoin d’être seule, comme je pouvais en avoir besoin cet été. Ma fille et mon chum, que je vois beaucoup moins que durant mon congé de maternité, allaient assurément me manquer. Mais écouter les besoins de ces deux personnes, tenter de plaire leurs horaires, leurs intérêts, les écouter, les déchiffrer, c’est énergivore comme on peut difficilement se l’imaginer. Être mère, c’est être altruiste. C’est n’est pas mauvais, c’est juste que prendre du temps seul pour soi et avoir la liberté de faire ce que TU veux à 100%, ça ne fait pas partie du quotidien. J’entends déjà « mais je préférais y aller avec une amie ». Va relire les dernières lignes, je pense que tu n’as pas compris. Durant mon séjour, je me suis imaginé plusieurs fois y être avec mon chum, avec ma mamie. Mais ça n’aurait jamais été pareil. Jamais. Étant seule, j’ai pu décider de tout sans me soucier de l’intérêt de personne d’autre. J’ai pu lire durant quatre heures de temps. J’ai pu faire une sieste une heure après mon réveil. J’ai décidé d’assister à toutes les séances de yoga en me foutant de savoir si quelqu’un regardait mes postures du coin de l’œil. J’ai pu emprunter le corridor que je voulais et j’ai pu manger aussi lentement que je voulais. Ça semble surement banal, mais ça faisait longtemps que je n’avais que mes intérêts à considérer. C’est difficile à décrire, mais la solitude (de façon temporaire) est essentielle.

Quant à la technologie, il va de soi qu’elle est trop présente dans nos vies. S’en détacher à 100%, devoir se fier à sa montre pour connaitre l’heure et délaisser le voyeurisme de la vie des autres, c’est relaxant et ressourçant. J’ai réalisé que pour vivre pleinement ma vie, je n’avais pas besoin de regarder celle des autres. Ça m’a d’ailleurs fait beaucoup réfléchir sur mon utilisation de mon cellulaire, mais c’est un tout autre sujet.

Ces circonstances ont laissé de la place à la réflexion. Le quotidien est plutôt effréné et bruyant chez moi. Mais j’avais besoin de ce silence. Du silence pour m’entendre et laisser surgir toute pensée, toute émotion. Sans le vouloir, j’ai fait un bilan de la dernière année et j’ai pris le temps de me donner une sérieuse tape dans le dos. M’éloigner de ma fille et de ma relation amoureuse, mes deux plus grandes fiertés, m’a permis de prendre du recul et comprendre que j’étais la fondation de ces deux réussites. J’ai réalisé que j’étais exactement le type de mère que je voulais être et que j’avais le droit d’être fière du chemin parcouru et du bonheur que je me suis créé. Je le savais au fond que j’avais fait un beau travail, mais à des kilomètres de cette scène (là où j’imaginais mon copain jouer par terre avec ma fille, la bercer), j’ai compris l’ampleur du travail accompli et que j’avais contribué à cette vie si belle si riche.