J’ai tellement de choses à te dire. J’imagine que toutes les mamans ont tellement de choses à dire à leurs enfants.

J’aimerais que tu saches que parfois je ne sais pas quoi faire. J’y vais avec mon « feeling » parce qu’ils disent que c’est ça qu’il faut faire. Mais, j’ai peur de me tromper. J’ai peur de ne pas faire « comme il faut », comme il le faudrait. Je sais que parfois tu aimerais que je te comprenne plus rapidement, mais comme on est en train d’apprendre à se connaître, parfois j’ai besoin d’un peu plus de temps pour saisir ce que tes pleurs signifient. Je sais, c’est ta seule façon de communiquer et ça ne doit pas être facile de ne pas avoir d’autres moyens pour s’exprimer. Je comprends. Je te comprends de mieux en mieux. Ça me rassure, ça me touche. Tu sais, je n’ai jamais fait ça avant, être maman. Je vais continuer de me tromper. Je ne serai pas toujours cohérente, même si je sais à quel point c’est important. Je vais choisir mes batailles et je ne choisirai pas toujours les bonnes. C’est pour ça que ton papa est là. Parce qu’ensemble on fait de notre mieux. Parce qu’on s’apprend à lâcher prise mutuellement quand on sent que l’autre en a besoin. Parce que ça va mieux à deux. Pour moi. Pour nous.

Tu grandis vite. Je ne sais pas où ce sont envolées toutes les petites semaines qu’on a passées ensemble dans la douceur de l’hiver à se raconter des histoires. Malgré tout, je n’ai pas envie de revenir en arrière. J’aime te regarder découvrir ton environnement, t’émerveiller et rire. C’est sûr que, par moment, j’aurais envie de mettre la vie sur pause, pour pouvoir te regarder indéfiniment, même si je trouve ça un peu quétaine de dire ça. Ça m’arrive même de trouver ça dur à gérer de t’aimer à ce point-là, même si je trouve ça un peu quétaine de dire ça aussi.

J’ai souvent parlé de notre rencontre qui n’a pas été celle que j’aurais espérée. Déjà, ce tourbillon prend un peu moins de place dans ma tête. Ho il est encore bien présent, mais les souvenirs qu’on a créés ensemble depuis le tassent peu à peu. Ils sont pas mal plus beaux. Ils me font du bien. Peut-être qu’un jour, ton père et moi on t’en parlera. Peut-être pas. On ira au feeling.

Surtout, je veux te dire qu’être mère je trouve ça enrichissant. Mais ce que j’aime le plus au fond, c’est être ta maman.

 

Photo de couverture : Josh Willink