Il y a un an. Il y a un an, tu arrivais dans nos vies. Le plus beau et le pire se côtoyaient et ils  ne vont pas bien ensemble. Ils ne sont pas de bons compagnons de route. Ils se chicanent. C’est normal puisqu’ils ne vont pas bien ensemble. Parce que le pire et le beau d’habitude ça n’arrive pas en même temps. Quand on est dans le pire, c’est difficile parfois d’y trouver du beau, même si c’est ce qu’ils nous disent de faire. Et quand on est dans le beau, pourquoi y chercher du pire? Oui, certains le font, parce que c’est plus fort qu’eux, ils préfèrent vivre dans le pire.

Aujourd’hui, le pire est passé. Il resurgit parfois dans ma tête, mais tu es là pour me rappeler qu’il y a juste du beau à venir. À travers toi, je guéris. Ton arrivée ne s’est pas du tout déroulée comme je me l’étais imaginé. J’étais loin de penser que ce serait une journée rose, j’avais peur d’accoucher. Très peur. Malheureusement, cette partie de notre histoire me démontre que j’avais raison. Est-ce que j’ai attiré le pire, me direz-vous? Peut-être, mais je ne pense pas. C’est biologique ces affaires-là. Mais je m’en suis voulu longtemps. Pour plein de raisons non rationnelles qui tournaient en boucle dans ma tête. Mon corps m’a fait mal. Il n’a pas réagi comme il aurait dû. Il m’a aussi sauvé la vie. Parce qu’il s’est battu. Pour rester près de toi. Ma fille. Près de lui. Ton père. Apprendre à être ta mère aura été le plus beau de tous les «beaux» de ma vie. Très loin du pire. Je resterai toujours triste que ce moment, que j’attendais avec l’impatience qui envahit toutes les futures mamans, nous ait été volé. Par qui, je ne sais pas trop? Parce que ça devait arriver comme ça. Je crois fort à ça, le destin. Faut croire qu’il nous est rentré dedans. Fort. Presque trop. Faut croire qu’il a décidé que c’était le début de quelque chose de beau quand même.

Je vous disais dans un précédent texte que toute cette histoire avait débuté un jour de tempête. Je ne sais pas si je suis prête à débuter le récit de cette façon. Pas encore. Même si ça va bientôt faire un an. Même si aujourd’hui tout va bien. Il y a de ces pires qui ne sont pas faciles à oublier, à mettre de côté, à accepter. Il y a de ces pires qui nous accompagnent pour le reste du chemin à parcourir. À nous de décider si on lui tient la main ou si on le tient à distance. Ça dépend d’où on est rendu dans notre cheminement. Surtout, ça dépend du beau qu’on s’autorise à vivre et à voir autour de nous.