Je m’intéresse à l’allaitement depuis plusieurs années. Professionnellement j’entends. Perso, j’ai vécu trois merveilleuses expériences d’allaitement dans mon rôle de maman, mais ce n’est pas de ça dont il est question.

L’allaitement ­­­­­­­­ me passionne parce qu’au-delà de l’acte en soi, de ses propriétés nutritives et de ses bienfaits relationnels, l’allaitement est un sujet qui vient trop souvent avec un poids, une pression (pour ne pas dire une religion).

Je ne souhaite pas faire la liste exhaustive des bienfaits de l’allaitement.

Je ne souhaite pas non plus débuter un débat sur l’allaitement versus les préparations commerciales pour nourrissons.

Mais on va se dire les vraies affaires. Le lait maternel est assurément l’aliment le mieux adapté aux besoins du nouveau-né. Est-ce que ça veut dire que les préparations sont mauvaises pour autant? Non.

On peut objectivement comparer le lait maternel aux préparations commerciales sur le plan moléculaire, nutritif. C’est factuel. Mais faire un débat argumentaire digne des cours de philo du cégep dans le but de porter un jugement sur le choix que font les parents en choisissant de ne pas allaiter leur enfant est un débat stérile.

La manière de nourrir un bébé revient aux parents de ce dernier. Pas la belle-mère, la sœur, la voisine, la vendeuse d’une boutique de linge de maternité ou à la secrétaire du médecin. Aux parents. Ceux qui, un jour se sont dit, « Allez! On fait un bébé! » Au-delà du plaisir de le faire cet enfant-là, ça vient avec des responsabilités, dont celle de prendre ce genre de décision.

Je crois qu’il faut faire confiance en leur jugement et respecter leurs choix. Je le dis souvent, les parents ont raison jusqu’à preuve du contraire… Tsé, c’est la moindre des choses, il me semble.

Alors que souhaites-tu me demanderez-vous?

Je souhaite une chose en fait : en profiter pour vous expliquer la distinction entre les PRO allaitement et les PRO DE l’allaitement.

J’y vois une énorme différence.

Les PRO DE l’allaitement sont les passionnés, ceux qui veulent aider, soutenir et guider les mamans dans cette aventure et surtout respecter ses choix et ses désirs. Je me permets de citer une autre phrase très populaire de mon répertoire professionnel « L’allaitement, c’est merveilleux, mais pas au détriment d’une santé mentale ». J’aime vraiment plus voir une maman heureuse à donner un biberon qu’une mère qui pleure sa vie à appréhender le prochain boire tellement la souffrance physique et mentale est intense.

On va se le dire, l’allaitement c’est de la job en bibitte. Il y en a pour qui l’allaitement est comme dans les livres. Easy, breazy, beautifull digne d’une annonce de Cover Girl. Par contre, il y en a pour qui le chemin est long, sinueux et parsemé d’embûches. Comme faire le chemin de Compostelle avec une gougoune brisée. Pas facile. Certaines vont persévérer, d’autres vont changer d’idée.

La PRO DE l’allaitement va tout mettre en œuvre pour proposer des solutions, des encouragements et des conseils à la maman qui ne flotte pas sur un nuage aux 3 heures. La PRO DE l’allaitement est à l’écoute et attentive aux besoins de maman, elle l’aide à identifier ses forces et parfois ses limites. Tant et aussi longtemps que maman souhaitera allaiter, elle sera là. Mais le jour ou maman dira c’est assez, c’est dans le respect et la compassion qu’elle l’aidera à faire un sevrage tout en douceur.

Vous me voyez surement venir… La PRO allaitement peut avoir un discours un peu différent. Plus hermétique, souvent perçu comme culpabilisant. Parfois, un mot, une phrase peut avoir autant d’impact qu’un hara-kiri pour certaines nouvelles mamans chez qui l’allaitement ne s’est pas bien passé et qui en ressentent un sentiment d’échec.

Ce n’est pas une légende urbaine, il y a des mamans qui vivent un immense deuil à ne pas « avoir réussi » à allaiter. L’allaitement n’est pas une réussite ni une preuve de performance. C’est une histoire d’amour. Il y a plusieurs sortes d’histoires d’amour. Qu’elles impliquent un sein ou un biberon, tant qu’il y a de l’amour, c’est ce qui compte non?

Je déplore les discours hermétiques des PRO allaitement. Je suis toujours attristée de lire les propos défensifs de certains parents qui se justifient d’avoir choisi le biberon et les préparations commerciales. Personne ne devrait à se justifier d’un choix si personnel. Cela ne regarde personne d’autre qu’une mère, un père et un bébé.

Si certaines personnes ressentent le besoin de se justifier de ne pas ou avoir allaité leur bébé, c’est surement parce que quelque part, quelqu’un leur a insinué (ou même affirmé) que l’allaitement c’est bien et que le biberon c’est mal… et ça, je trouve ça bien triste.

Sachez belles futures et nouvelles mamans qu’il y a autant d’histoire d’allaitement que de seins. L’important selon moi est d’en savoir un peu sur le sujet avant de passer à la pratique. J’offre un giga module sur l’allaitement dans cours prénataux et ce n’est pas pour rien. J’informe, j’explique, je déboulonne des tonnes de mythes, je fais des démonstrations et tout cela dans le plus grand des respects de la décision que prendront les parents d’allaiter ou non.

Le but n’est pas de tout savoir sur l’allaitement, mais de reconnaître les signes qui requièrent l’attention d’une professionnelle. Je n’en reviens pas comment les mamans endurent de la douleur beaucoup trop longtemps et trop souvent! La douleur n’est pas un passage obligé, loin de là!

Je terminerai en disant ceci. Que votre bébé soit nourri au sein ou au biberon, vous avez pris une décision qui a du sens pour vous. Ne laissez jamais personne vous en faire douter.