Je dirais que j’ai eu un assez beau premier accouchement. Vous pouvez lire le récit ICI. Relativement court, sans complication, un beau bébé en santé. Pour l’accouchement de Laurier, comment je vous dirais bien ça ? Je n’arrête pas de dire que je me sens mal tellement ça a bien été ! Hahaha Un accouchement de rêve!

Si on commence par le début. Le médecin a commencé à faire des examens pour l’avancement de la dilatation dès la 36e semaine puisque j’avais déjà beaucoup de fausses contractions. À mon grand désespoir, je n’avais aucun avancement à la 36e, 37e et 38e semaine. Niet. Pas effacée pas dilatée. Et à Roby je l’étais depuis la 36e semaine! Définitivement, cette grossesse était totalement différente de la première. J’espérais accoucher à 39 semaines comme à Roby, mais ça ne s’en lignait pas trop ainsi à comprendre le médecin. J’ai eu un examen à 38 semaines et 5 jours. J’étais dilatée à 2 et effacée à 50! Bon… pas grand-chose, mais tout de même, ça avait avancé! Elle m’a proposé un stripping, ce que j’ai accepté avec plaisir puisqu’à Roby, j’accouchais moins de 24h plus tard. J’ai eu des contractions durant la journée qui se sont intensifiées le soir, elles étaient aux 4 minutes et de plus en plus intenses. Je pensais comme à Roby aller me coucher et que tout se déclencherait durant la nuit… Mais non! Tout a arrêté. Je me suis levée le lendemain sans aucune contraction. J’ai donc fait ma journée normalement, je suis allée à vélo près de chez moi, j’ai pris une longue marche avec Roby. J’avais quelques contractions, mais rien de bien sérieux. J’étais un peu découragée, j’étais certaine que le stripping allait fonctionner!

J’ai lu beaucoup sur les méthodes naturelles d’aide à l’accouchement. Je prenais déjà depuis quelques semaines de l’huile d’onagre, ça n’avait pas fait grand-chose, je pense… Je suis tombée sur plusieurs articles concernant l’huile de ricin, chose dont j’ai HORREUR depuis mes lectures avant l’accouchement de Roby. J’ai tellement lu de récits horribles que j’en étais traumatisée. En gros, c’est un laxatif puissant qui contracte énormément les intestins et donc, enclenche les vraies contractions pour mener à l’accouchement. Un peu drastique comme méthode! Mais ça faisait plusieurs personnes depuis 2 semaines qui me disaient que pour elles, ça avait très bien fonctionné sans complications. Je commençais a être mitigée. Mais quand même traumatisée. Mon amie Sophie m’a dit que je pouvais l’appliquer sur ma bedaine, ça me semblait plus safe lol Je suis donc allée à la pharmacie m’en procuré. Rendue là, je voulais tout essayer! En revenant à la maison, j’ai poursuivi mes lectures… Au travers des histoires d’horreur, je voyais de plus en plus d’histoires positives ou même que ça n’avait simplement rien fait pour certaines. La «recette» proposait de prendre 2 bonnes cuillères à soupe et expliquait qu’on se «vidait» peu de temps après et qu’ensuite quelques heures plus tard le travail commencerait. J’étais BEN TROP chicken pour faire ça, j’avais vraiment peur de ce qui pouvait m’arriver, mais je me suis dit… je vais essayer une DEMIE cuillère à THÉ dans un gros verre de jus d’orange… Je vais le savoir tout de suite si ça fait un effet. J’ai bu ça. Il ne s’est rien passé. Je ne suis pas allée aux toilettes, je n’ai pas eu de contractions. Quelques heures plus tard avant d’aller dormir, j’ai repris ma petite potion. Une DEMI-cuillère à THÉ. Encore une fois, je ne suis pas allée aux toilettes, aucune histoire d’horreur ne s’est produite. Mais…. J’ai commencé à avoir des contractions durant la nuit! J’en avais connaissance, puisqu’elles étaient fortes, mais j’ai été capable de dormir. Je me suis réveillée vers 5h du matin, elles étaient très fortes et assez régulières. Aux 7 minutes. Je suis allée aux toilettes et je saignais; le bloody show comme on appelle. Le signe que l’accouchement est commencé. Est-ce que l’huile de ricin a vraiment fait quelque chose ou bien j’étais juste due pour accoucher de toute façon ou c’était le stripping qui agissait juste un peu plus tard que prévu? Who knows! Mais j’étais contente.

J’ai donc laissé les garçons dormir (mon copain et Roby) en commençant à calculer les contractions. Elles sont devenues plus fréquentes, aux 5 minutes. J’ai texté ma mère pour lui dire de venir à la maison quand elle se réveillerait, que le vrai travail était bel et bien commencé. Les gars se sont levés vers 6h, ma mère est arrivée vers 7h. J’ai pris un bain, je suis allée marcher sur le bord de l’eau avec Pierre-Étienne en continuant de calculer mes contractions. L’application que j’utilisais n’arrêtait pas de me dire : ALLEZ À L’HÔPITAL! Hahaha J’étais effectivement en douleur, mais je voulais faire le plus gros chez moi et ne pas partir trop rapidement. D’ailleurs, les contractions se contrôlaient très bien puisque je savais maintenant c’était quoi, étant au deuxième accouchement. Mais elles sont devenues aux 2 minutes et demie vers 8h donc nous sommes partis.

En arrivant à l’hôpital vers 8h30, les contractions s’étaient distancées, elles étaient aux 4 minutes environ, le transport et le changement d’environnement avaient fait ralentir les choses, mais c’est commun. J’ai été admise presque immédiatement, l’infirmière m’a confirmé que le bébé était bien descendu, j’étais effacée à 75 et dilatée à 3,5 et la poche des eaux était bien bombée, prête à rompre à tout moment. Mon chum est allé nous enregistrer et pendant ce temps, l’infirmière m’a invitée à prendre mes sacs (genre deux valises lol) et transférer vers ma chambre. J’ai été malade dès mon entrée lol Ha les douleurs des contractions ein! Tellement plaisantes que ça nous fait vomir! L’infirmière m’a dit : BEN LÀ j’aurais pris tes sacs avoir su que tu avais aussi mal, je ne pensais pas que tu étais en douleur!!!! Faut croire que ma gestion était meilleure que la dame à côté de moi qui hurlait toutes les 2 minutes et qui a finalement été retournée chez elle puisqu’elle n’était pas en travail actif. Oups! Bref, 10 minutes plus tard, la médecin était dans la chambre pour évaluer la situation. J’étais déjà rendue à 4 et effacée complètement. Ben voyons! Elle me dit : « Bon je vais crever les eaux». Moi : EIN? Déjà? Je vous rappelle qu’à Roby on m’a crevé les eaux 6h30 après mon arrivée, là j’avoue que j’ai fait le saut, ça faisait à peine 15 minutes que j’avais franchi les portes de l’hôpital. Je lui explique qu’à mon premier accouchement lorsqu’on a crevé les eaux, j’ai voulu environ mourir et que c’est le pire souvenir de ma vie et que je ne voulais plus jamais revivre ça. Alors soit on se coordonnait pour que l’épidurale arrive plus rapidement que la première fois ou on attendait… Je lui ai surtout fait part de mes inquiétudes face à l’épidurale. Je voulais ABSOLUMENT éviter que le travail stagne et SURTOUT je voulais être capable de bouger encore et de sentir mes contractions. La médecin m’a assuré à plusieurs reprises que le travail avancerait aussi rapidement, et même plus si on crevait les eaux, et qu’elle me donnerait une mince dose seulement pour adoucir le tout et que je sentirais encore les contractions. Sinon, je pouvais attendre que les eaux se rompent par eux-mêmes et de laisser le travail avancer puisque ça se passait bien et que je gérais bien l’arrivée des contractions. Mais elle m’a rappelé que ce que je ressentais présentement c’était le 10e de la douleur qui m’attendait plus tard… Ouf… et je venais d’être malade tellement j’avais mal. Puis je me suis souvenue qu’à l’accouchement de Roby, l’épidurale ne m’avait pas ralentie et que j’avais été de retour sur pied rapidement. Bon! GO! Allons-y pour la première option!

Comme la médecin me l’a dit, l’anesthésiste n’attend pas derrière le mur qu’on l’appelle alors encore une fois ça a pris un heure avant qu’il vienne. Pendant ce temps, les contractions se sont intensifiées, mais je me suis vraiment créé un bulle, j’ai trouvé une position confortable, je tenais la main de Pierre-Étienne, nous écoutions de la musique et je respirais à fond pour chaque contraction! Et entre-temps j’étais en transe sur les endorphines hahaha Ça s’est super bien passé, je me donnais des petites tapes dans le dos lol L’anesthésiste est arrivée vers 10h pour me donner l’épidurale. Évidemment, ça a vraiment fait du bien, je sentais toujours les contractions, mais beaucoup moins fortes. Je pouvais bouger mes jambes, me tourner, j’étais contente! J’attendais que la médecin vienne crever mes eaux, mais elle a eu un curetage et 2 accouchements. Donc pendant 2h30, Pierre-Étienne et moi on a placoté. Tout bonnement. Comme si de rien était. J’ai même texté Joëlle et ma mère ! La médecin est finalement arrivée vers 12h30 et a vérifié mon col… J’espérais être à 5,5-6. J’ÉTAIS À 8!!!!! Oh god. Elle avait raison. Le travail ne s’est pas du tout arrêté avec l’épidurale. J’étais vraiment contente. Elle me dit : «okay je vais crever tes eaux, mais promets moi de ne pas accoucher tout de suite, j’en ai deux autres avant toi!» L’infirmière rit et me dit : «On a fait des paris au poste, j’ai dit que tu allais gagner, clairement tu accouches vite!» Ben contente de savoir que je suis l’objet des paris des infirmières, faut bien avoir du plaisir en travaillant. Alors 12h40, mes eaux sont crevées. Mes contractions se rapprochent, elles sont de retour aux 2 minutes. On entend les deux autres femmes accoucher à côté! Bon, c’est mon tour après!

Vers 13h15, j’ai une contraction qui me fait vraiment mal. Retour de la douleur à 8/10 comparativement au 3-4/10 que j’avais depuis l’épidurale. Ça commence à pousser dans mes fesses. Le fameux signe! Je dis à mon chum d’appeler l’infirmière. Elle arrive, entre-temps j’ai eu deux autres contractions très douloureuses. Elle regarde mon col, je suis à 10, c’est l’heure! Elle me demande de pousser une fois pour voir où est la tête, elle vérifie, la tête est là, elle appelle la médecin et moi je ne peux m’empêcher de continuer de pousser parce que ça pousse tout seul et OMG LA TÊTE EST SORTIE, IL EST LÀ, l’infirmière et mon chum capote, la médecin arrive en courant, je pousse une autre fois et il est sortit. À 13h21.

…. J’étais sous le choc. On l’a déposé sur moi et je n’ai même pas pleuré, j’étais traumatisée d’avoir poussé littéralement 1 minute et qu’il soit sorti avant même que le médecin soit arrivé. Donc en gros, on est arrivé à l’hôpital à 8h30, j’ai eu l’épidurale à 10h, rompu les eaux à 12h40, commencé à pousser à 13h20 et à 13h21 il était né. WOW! Un beau bébé en santé, aucune complication, aucune déchirure,  j’ai pu marcher quelques minutes après l’accouchement et aller aux toilettes normalement. Nous sommes sortis de l’hôpital le lendemain vers l’heure du souper.

Ce que j’aimerais que vous reteniez de mon récit, c’est de vous écouter et de respecter vos choix. Depuis quelque temps, on glorifie énormément le fait d’accoucher sans épidurale et je pense qu’il faut un peu arrêter ça. Je me suis sentie mal à Roby de l’avoir pris et j’avais l’impression que je devais me justifier. Cette fois-ci aussi avant de la prendre. Et pourquoi…? J’ai eu, selon moi, le plus bel accouchement du monde! Grâce à l’épidurale, j’ai évité d’être épuisée et vidée, j’ai eu toute mon énergie pour la donner entièrement à Laurier dès son arrivée. Ça n’a pas ralenti mon travail, ça n’a pas engendré de complication, ça n’a pas affecté Laurier, je sentais mes contractions, je pouvais bouger et j’étais de retour sur pied en quelques minutes. Pourquoi est-ce qu’on condamne autant cette médication? C’est fabuleux si vous accouchez naturellement. Mais c’est fabuleux aussi d’accoucher avec épidurale si c’est ce que vous souhaitez et que c’est fait dans le respect de votre corps et de vos désirs. On est des femmes fortes et exceptionnelles de donner la vie, peu importe de la manière dont c’est fait. Vous n’êtes pas meilleure d’une manière ou d’une autre. Je voulais vous le rappeler. <3