Étant chiropraticienne pédiatrique et périnatale, je trouve que l’on ne parle pas assez de la pertinence du suivi de naissance. Pourquoi un beau bébé tout neuf aurait besoin de se faire évaluer, voir même traiter par un autre professionnel que le médecin ou la sage-femme ? D’ailleurs, voici une phrase que j’entends souvent : « Il vient tout juste de naître, il ne peut pas avoir déjà des tensions! ».

Dans la société actuelle, on est très dans l’instantané et dans la gestion de problème, ce qui nous empêche parfois de voir toute la pertinence de la prévention. J’ai parlé de l’ironie de cette situation pour les femmes enceintes dans l’article précédent que vous pouvez lire ICI. Aujourd’hui, je vous résumerai toute la belle valeur du suivi de naissance.

Pour bébé

Après neuf mois passés dans la même position et un accouchement de plusieurs heures, il est bien normal que des stress se soient accumulés à quelques endroits. Un utérus a davantage la dimension du placard d’Harry Potter que d’un gigantesque penthouse. Bébé aura la capacité de bouger (principalement donner des coups dans vos côtes 😉 ), mais sa tête et son cou garderont le même angle durant une bonne partie du 3e trimestre. Lors de l’accouchement vaginal sans complication, la tête et le corps du bébé entreprendront une belle danse physiologique pour faciliter la sortie de la tête et des épaules. Si, pour différentes raisons, il devient nécessaire d’utiliser les forceps, la ventouse ou de changer le plan de naissance pour un accouchement par césarienne, alors d’autres stress seront ajoutés à cette séquence déjà assez intense pour le bébé.

Pour le bébé, le suivi de naissance en chiropratique pédiatrique permettra donc d’évaluer de façon très précise si des blocages se sont créés dans les articulations de sa colonne vertébrale, de son crâne ou de ses membres. Ils ne sont pas toujours dramatiques, mais peuvent être la source de plusieurs problématiques telles que :

  • Plagiocéphalie (syndrome de la « tête plate »)
  • Difficultés d’allaitement
  • Torticolis
  • Coliques
  • Régurgitation
  • Irritabilité/problèmes de sommeil

L’approche chiropratique est douce et adaptée au corps des tout-petits pour traiter toutes ces conditions. Évidemment les traitements pour les bébés sont sans douleur et, surtout, ils ne « craquent » pas !

Je ne répèterai jamais assez l’importance de mon ordre professionnel. L’Ordre des Chiropraticiens du Québec vous protège vous et votre bébé de tout écart de pratique. Lorsque vient le temps de laisser le petit être le plus important à vos yeux dans les mains de quelqu’un, il est très rassurant de savoir que sa sécurité est prise en charge.

À mon avis, si tous les nouveau-nés se faisaient évaluer rapidement en suivi de naissance, il y aurait moins de troubles d’allaitement, moins de régurgis et certainement moins de torticolis. Les mamans éviteraient également un gros lot de douleurs et d’inconforts.

Le suivi post partum pour maman

On ne discutera jamais assez du 4e trimestre (les 3 mois post partum) dans la vie d’une nouvelle maman. Au-delà de toute la gestion de la cascade hormonale, le corps de la mère doit aussi s’adapter à la sortie du bébé. Encore une fois, cette période est déjà intense suite à un accouchement vaginal sans complication. Si on ajoute des déchirures du plancher pelvien, une longue phase de latence ou de poussée durant l’accouchement ou une césarienne d’urgence, alors le corps de la mère prendra possiblement plus de temps pour se remettre de son marathon. Dans tous les cas, un « check up » préventif servira à s’assurer que les articulations de son bassin ont bien repris leur place après l’accouchement et ce, avant le départ de la relaxine (hormone relâchée tout au long de la grossesse servant à relâcher les articulations pour faciliter le passage du bébé). Il permettra une meilleure fermeture du bassin et évitera l’apparition de douleur post partum au bassin :

Le suivi en chiropratique pour la nouvelle maman pourra également l’aider à diminuer les tensions associées à ces nouvelles « postures de travail » en lien avec l’allaitement, le biberon, le poids du bébé ou la coquille.

  • Douleurs au cou (cervicalgie)
  • Douleurs au poignet
  • Élancement ou engourdissements dans le bras et/ou la main
  • Douleurs à l’épaule

Le mot de la fin

Évidemment en étant chiropraticienne, je vous parle ici de l’approche en chiropratique pédiatrique et périnatale. Il existe, au Québec, un vaste choix de professionnels à consulter pour le suivi de naissance de bébé et de maman. L’idée est de consulter un professionnel ayant une expertise dans le domaine (on ne s’improvise pas compétent avec les nouveau-nés) et, surtout, avec qui vous êtes à l’aise. Ainsi, le professionnel (chiropraticien ou autre) ayant aidé votre beau-frère avec une blessure sportive, ne sera pas nécessairement le plus habilité à traiter votre nouveau-né. C’est peut-être le cas, mais posez des questions. Informez-vous sur ses formations et sur l’ambiance générale de la clinique. Est-il/elle adapté à recevoir des bébés?

Au niveau de la chiropratique pédiatrique et périnatal, au-delà du doctorat en chiropratique, plusieurs formations en périnatalité sont offertes pour augmenter la compétence dans ce domaine. Les chiropraticiens ayant une approche orientée vers le traitement des bébés et des femmes enceintes ont donc en main tous les outils pour évaluer et éliminer les problématiques pouvant empêcher votre bébé de grandir en pleine santé. En plus du site de l’ordre des chiropraticiens du Québec, vous trouverez beaucoup d’informations complémentaires sur le site de l’association québécoise de chiropratique pédiatrique et périnatale. Cette organisation regroupe tous les chiropraticiens ayant une approche orientée pour les bébés, enfants et femmes enceintes au Québec.

Ceci étant dit, le point important de cet article est de mettre l’emphase sur l’importance de faire un suivi de naissance avec un professionnel de la santé compétent. Je dis souvent en blaguant à mes patients que les gens me parlent des professionnels de la santé de la même manière qu’ils discutent des allégeances politiques ou des religions (du genre « Oh moi je ne crois pas en ça! »). Toutes les approches sont aussi différentes que complémentaires. Faites vos recherches, parlez-en à vos proches, posez des questions et faites confiance à votre instinct de maman !