Plus qu’un mot

Transition. Le mot à lui seul est évocateur de sentiments mitigés, pour ma part en tout cas.

Positives, ces transitions, car elles mènent presque inévitablement à mieux, n’est-ce pas?

Difficiles, ces transitions, car c’est à travers la souffrance que l’humain évolue. C’est un fait avéré, il me semble. Il me semble….

Un chemin long et vallonneux

Depuis plusieurs mois, le mot transition caractérise ma vie tout entière.

Dans un premier temps, la maison.

Nous nous sommes acheté une maison, notre toute première maison, mon amoureux et moi. Pour la famille de quatre que nous sommes, c’est un grand moment, une belle étape. Néanmoins, il serait absurde de passer sous silence l’ampleur des implications que ça a dans une vie. Beaucoup de responsabilités, beaucoup de préoccupations, de tâches supplémentaires à accomplir, d’appréhensions aussi. En somme, par contre, c’est l’excitation qui prime quand même. C’est tellement stimulant et bon de savoir que l’on devient enfin propriétaires, que l’on a NOTRE maison, ce cocon que l’on a imaginé tellement souvent, tellement longtemps.

Marie Kondo dit la vérité

Ça remue un couple et une famille, vivre dans des boîtes pendant quelques semaines, faire le tri de ce que l’on conserve et de ce qui ne nous suivra pas dans ce nouveau chez nous. Marie Kondo l’a dit elle-même : le tri est une étape empreinte de retour dans nos émotions. Pour vous mettre en contexte, mon amour pour Marie Kondo est devenu familial. Même mon homme boit ses paroles comme on s’abreuve à une source d’eau dans le désert.

Bref, ça fait tellement de bien de se départir d’objets qui, dépourvus du sens que l’on veut bien leur donner, n’ont en fait AUCUNE valeur. C’est juste du matériel après tout.

Au contraire, certains objets prennent tout un sens lorsqu’on les emballe, qu’on choisit qu’ils soient assez précieux pour continuer le chemin avec nous. Une photo, un vieux cadre, une lettre reçue…Même des morceaux de vêtements sont empreints d’une valeur symbolique quand vient le temps de choisir, d’emballer…de se projeter dans une ‘’nouvelle vie’’. Ça remue. Je l’ai dit déjà?

Transition partie deux : Mise en contexte

Retour en 2015 : J’ai été un peu contrainte de poser mon anxiété entre les mains de quelque chose de plus ‘’fort’’que moi, quand j’ai été enceinte pour la première fois. La première fausse couche que je trimballais au creux de mon ventre, combinée aux hormones typiques de la grossesse, ne faisait pas bon ménage. J’ai eu le choix, mais pas vraiment. L’anxiété, la peur de perdre mon beau bébé, viable cette fois, était trop grande pour que je me batte seule. J’avais besoin d’un peu plus d’équipement pour mener la bataille, sans quoi je ne sais pas trop comment je serais parvenue à me rendre à la fin de cette grossesse avec tout le bonheur auquel j’avais droit. Ce bonheur que je ne vivais pas complètement, tant il était enterré par la peur, puissante peur.

Bref, trêve de métaphores, j’ai accepté l’aide de la médication, parce que j’étais dans un état critique; j’en avais besoin. On ne m’a pas tellement informée de ce que ça impliquait, et je n’ai pas trop questionné, parce que je pense que je ne voulais pas vraiment savoir. J’aurais sans doute rebroussé chemin, avoir su.

Pourquoi ne pas amorcer tous ces gros changements, tous en même temps? 😛

Comme si le déménagement et tout ce qu’il implique ne suffisaient pas, j’ai une fois de plus fait preuve d’ambition’’ haha! Oui, j’ai décidé que le ‘’timing’’ était tout indiqué pour cesser la médication.

Depuis quelques mois, je ressentais que ma force initiale était revenue, que j’avais assez de ressources internes et personnelles pour maintenant me défaire de l’emprise de ces fameux médicaments.

Au nom de MA liberté

Vous ne pouvez imaginer, sauf si vous l’avez vécu…Un sevrage, que ce soit pour un médicament ou pour la drogue la plus forte, demeure un sevrage. Physiquement, comme mentalement et émotionnellement, le cerveau et le corps qui se défont graduellement de la poigne de la médication…c’est horrifiant. On ne se doute pas à quel point ce sera difficile, et surtout, personne ne nous informe suffisamment de cette étape finale qui est sans contredit ce  que j’ai vécu qui se rapproche le plus de la maladie, de toute ma vie.

Maux de tête, maux de coeur, vertiges, hauts et bas émotifs, hyper sensibilité aux bruits, aux odeurs, aux mouvements…incapacité de même conduire ma propre voiture. Quelle horreur! Tout ça pour quoi? Et bien pour mieux. Pour être libre. C’est ça, après tout, une transition. Passer par la souffrance pour trouver encore plus de lumière et de bonheur après.

Pour clore le thème de la transition

Au bout du compte, je suis heureuse de brasser ma vie comme je le fais en ce moment. Je sens à l’intérieur que ça demeure positif et bénéfique. N’en demeure pas moins que le degré de difficulté, en ce moment, est à son paroxysme. On dirait que quelque chose en moi meurt, pour laisser place à plus de vie. Comme on le dit souvent, plus on a l’impression de travailler fort pour atteindre un but, plus la récompense est grande à la fin. Mai sera le mois du renouveau : une nouvelle vie, dans une nouvelle maison, à nous, et une ‘’moi’’ libre et forte. C’est beau tout ça finalement, ein?