Il y a quelque temps, j’ai publié un article qui commençait ainsi:

« J’allais débuter ce texte en écrivant « Je n’ai été enceinte qu’une seule fois » et puis je me suis dis que je ne pouvais pas écrire ça, que je ne pouvais pas penser ça. Ce n’est pas qu’une seule fois, c’est une fois toute entière. Une fois qui sera peut-être la seule, peut-être pas, une fois que tant de femmes souhaiteraient avoir, une fois qu’il ne faut pas banaliser. »

Encore aujourd’hui, ces mots résonnent en moi comme une tonne de brique dans le vent. J’ai un enfant, une fille, un bébé, que j’ai mis au monde avec toute la force que mon corps a su trouver en ce matin enneigé. Et pourtant, parfois, j’ai l’impression que ce n’est pas assez. Vous me direz que mon interprétation n’est pas la bonne. Vous avez peut-être raison. Vous me direz que c’est parce que je ne sais pas encore ce que je veux réellement ou que je ne suis pas prête à l’assumer complètement. Eh oui, vous avez raison.

Je ne sais pas.

Voilà.

Je ne sais pas.

Est-ce que j’ai le droit de vivre avec cette réponse pendant un temps, même si pour certaines ça semble si évident? Est-ce que j’ai le droit de changer d’idée comme la lune combat le soleil? Est-ce que je serai « assez » mère si ça s’arrête là? Bien sûr que oui. Pour toi. Parce que tu es entière. Parce que tu souris et donnes des bisous comme poussent les tulipes au printemps. Parce que tu m’apprends chaque jour à devenir la mère que j’ai envie d’être. Une pas parfaite. Une qui fait simplement ce qu’elle pense être le mieux pour sa fille. Même si ce n’est peut-être pas toujours le cas, je te promets qu’à ce moment-là, je le pensais sincèrement. Alors oui, bien sûr que oui.

Mais, pas tout à fait en même temps. Parce qu’il nous manquerait toujours un « plus one », qu’on aurait une place de libre dans l’auto et un billet en trop pour aller faire cette activité familiale si populaire!

Et si on en avait trois? Alors là, on serait fou! La société n’est pas faite pour ça, nous dirait-on. Un billet de plus à acheter pour ladite activité sans oublier un camion parce que vous ne rentreriez pas tous à l’arrière de la voiture. Pis pas assez de bras.

Il semble qu’il y aurait toujours quelque chose à dire.

J’ai peur que la réponse ne vienne pas. Alors dans cette absence, réponse il y aura. J’ai peur de ressentir cette réponse en moi et de trouver ça difficile parfois. Encore plus que maintenant, car je n’ai qu’un coeur et vous seriez deux.

Vous me direz que c’est correct d’avoir des craintes, qu’il faut les laisser vivre afin qu’elles donnent place à la douceur, à la vie. Vous avez raison.